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Diversification de portefeuille: stratégies concrètes

Introduction à la diversification

La diversification consiste à répartir un portefeuille entre plusieurs investissements afin de réduire sa dépendance à un seul actif, une seule entreprise, un secteur ou une zone géographique.

Elle ne supprime pas le risque de perte. En revanche, lorsqu'elle est correctement construite, elle peut réduire l'impact qu'aurait une baisse importante d'un investissement particulier sur l'ensemble du portefeuille.

La diversification peut s'effectuer de plusieurs manières : entre différentes classes d'actifs, entre plusieurs zones géographiques, entre secteurs économiques ou encore entre différents émetteurs.

L'objectif n'est donc pas de multiplier les investissements sans logique, mais de comprendre quelles expositions sont réellement présentes dans son portefeuille.


Les différents types d'actifs

Actions: Les actions représentent une participation au capital d'une entreprise. Elles offrent un potentiel de croissance du capital sur le long terme, mais leur valeur peut connaître des variations importantes.

La diversification peut se faire entre différentes entreprises, tailles de capitalisation, secteurs et zones géographiques.

Détenir plusieurs actions ne garantit toutefois pas une bonne diversification : si elles appartiennent au même secteur ou sont fortement corrélées, le portefeuille peut rester très exposé au même risque.

Obligations: Les obligations sont des titres de dette émis notamment par des États ou des entreprises.

Elles peuvent apporter une source de revenus et jouer un rôle différent des actions dans un portefeuille, mais elles ne sont pas sans risque. Leur valeur peut notamment varier en fonction de l'évolution des taux d'intérêt, de la durée des obligations et de la qualité de crédit de l'émetteur.

Les ETF obligataires permettent également d'accéder à un portefeuille diversifié d'obligations, mais leur valeur peut fluctuer et le capital n'est pas garanti.

Matières premières: Les matières premières regroupent notamment l'or, le pétrole et différents métaux.

Elles peuvent évoluer différemment des actions et des obligations selon les périodes et peuvent donc apporter une exposition supplémentaire à un portefeuille.

Cependant, elles ne constituent pas une protection automatique contre l'inflation et peuvent connaître des variations de prix importantes. Leur intérêt dépend donc de la stratégie globale de l'investisseur.

Immobilier: L'immobilier peut être détenu directement ou indirectement, notamment par l'intermédiaire de SCPI, de sociétés immobilières cotées ou de REIT.

L'immobilier peut générer des revenus et contribuer à diversifier un patrimoine, mais ces revenus ne sont pas garantis et la valeur des actifs peut également diminuer.

Les différents véhicules immobiliers présentent par ailleurs des niveaux de liquidité, de frais et de risques différents.

Crypto-monnaies: Les crypto-actifs comme Bitcoin ou Ether présentent une volatilité élevée et peuvent subir des variations de prix très importantes.

Ils peuvent être considérés par certains investisseurs comme une exposition complémentaire, mais ils ne constituent pas nécessairement une diversification efficace d'un portefeuille traditionnel : leur corrélation avec les autres actifs peut varier fortement selon les périodes.

Ils doivent donc être considérés comme une catégorie d'investissement particulièrement risquée et ne devraient pas être présentés comme une composante indispensable d'un portefeuille diversifié.

Forex: Le marché des changes (Forex) permet d'investir dans les devises étrangères. Les devises fortes comme le dollar américain ou le franc suisse peuvent servir de couverture contre le risque de change.


La théorie du portefeuille moderne

La théorie moderne du portefeuille, développée notamment par Harry Markowitz, montre que le risque d'un portefeuille dépend non seulement du risque propre à chaque actif, mais également de la manière dont les actifs évoluent les uns par rapport aux autres.

Lorsque deux actifs ne réagissent pas exactement de la même manière aux événements de marché, leur association peut réduire le risque global du portefeuille par rapport à la détention d'un seul actif.

Il ne faut toutefois pas rechercher uniquement des actifs « faiblement corrélés ». Les corrélations peuvent évoluer dans le temps, notamment lors des périodes de crise.

La diversification est donc une méthode de gestion du risque, pas une garantie contre les pertes.


La diversification géographique

La diversification géographique consiste à investir dans différentes zones économiques (Amérique du Nord, Europe, Asie-Pacifique, marchés émergents). Un investisseur basé à Paris peut facilement accéder aux marchés internationaux via des ETF cotés sur Euronext Paris. Elle permet principalement de réduire la dépendance du portefeuille à la situation économique, politique et financière d'un seul pays ou d'une seule région.


La diversification sectorielle

Investir dans tous les secteurs de l'économie (technologie, santé, énergie, finance, consommation, industrie) permet de limiter l'impact d'un ralentissement sectoriel. Par exemple, lorsque le secteur technologique subit une correction, le secteur de la santé ou des biens de consommation de base peut résister voire performer. Les différents secteurs peuvent réagir différemment aux conditions économiques, aux taux d'intérêt ou aux événements de marché. Cette diversification peut donc réduire la dépendance du portefeuille à un seul secteur, sans empêcher une baisse simultanée de plusieurs secteurs.


Les ETF: outils de diversification simplifiée

Les ETF peuvent faciliter la diversification puisqu'un seul fonds peut donner accès à un grand nombre de titres.

Un ETF suivant un indice mondial permet par exemple d'obtenir une exposition à plusieurs pays et à de nombreuses entreprises en une seule ligne.

Mais un ETF n'est pas automatiquement synonyme de diversification. Un ETF sectoriel, un ETF consacré à un seul pays ou un ETF concentré sur quelques entreprises peut présenter une exposition beaucoup plus ciblée.

Avant d'investir, il faut donc regarder l'indice suivi, sa composition, la répartition géographique et sectorielle ainsi que les principales positions du fonds.

Pour aller plus loin, consultez notre guide 10 ETF concrets à connaître quand on débute, qui présente différents ETF, leurs indices, leurs caractéristiques et les situations dans lesquelles ils peuvent être utilisés.


Équilibrage et rééquilibrage du portefeuille

L'allocation d'un portefeuille peut évoluer avec le temps parce que certains actifs progressent davantage que d'autres.

Le rééquilibrage consiste à ramener périodiquement le portefeuille vers l'allocation définie à l'origine.

Par exemple, un portefeuille composé de 70 % d'actions et 30 % d'obligations pourrait devenir 80 % actions et 20 % obligations après une forte hausse des marchés actions. L'investisseur peut alors rééquilibrer son portefeuille pour revenir vers sa répartition cible.

Le rééquilibrage peut être réalisé à intervalles réguliers ou lorsqu'un écart prédéfini est atteint. Il peut cependant entraîner des frais et, selon l'enveloppe fiscale utilisée, des conséquences fiscales.


Conclusion

La diversification ne consiste pas à posséder le plus grand nombre possible d'investissements. Elle consiste à comprendre les risques auxquels son portefeuille est réellement exposé et à éviter qu'un seul actif, secteur ou marché puisse déterminer à lui seul son évolution.

Un portefeuille composé de plusieurs ETF n'est pas nécessairement bien diversifié : deux fonds différents peuvent détenir une grande partie des mêmes entreprises.

Avant d'ajouter un nouvel investissement, il est donc utile de regarder ce qu'il apporte réellement au portefeuille : nouvelle zone géographique, nouveau type d'actif, nouveau secteur ou simple exposition supplémentaire à des actifs déjà détenus.

La bonne diversification n'est pas celle qui multiplie les lignes. C'est celle qui réduit les concentrations de risque que l'investisseur ne souhaite pas prendre.